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Budgets et financement de l’éducation

©Jack Picone/ActionAid
©Jack Picone/ActionAid

Budgets

Tout le monde est d’accord pour dire que l’éducation est une priorité. Mais lorsqu’il s’agit de placer la priorité sur l’éducation dans les dépenses publiques, c’est une autre affaire. L’allocation des budgets est un casse-tête pour les gouvernements et, même s’ils clament leur soutien à l’éducation, leurs actes ne suivent pas toujours leurs bonnes paroles. En analysant les questions de financement, nous pouvons déterminer les priorités du gouvernement et les facteurs qui influencent ses dépenses, et en même temps recueillir des informations utiles pour notre travail de campagne et d’influence. Un élément central de cette approche est la compréhension des relations entre les plans local, national et international. Ce qui est dépensé localement pour l’éducation dépend de la politique nationale, elle-même influencée par les agendas de politique internationale. Permettre aux populations d’accéder aux questions de financement de l’éducation, c’est leur donner l’occasion de replacer leur situation locale dans le contexte général, et de s'engager dans les grands sujets de la politique économique nationale.

Financement de l’éducation et droits de l’homme

L’Article 2 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels déclare que : « Chacun des Etats parties au présent Pacte s'engage à agir, tant par son effort propre que par l'assistance et la coopération internationales, notamment sur les plans économique et technique, au maximum de ses ressources disponibles, en vue d'assurer progressivement le plein exercice des droits reconnus dans le présent Pacte », indiquant ainsi non seulement que les Etats doivent mettre la priorité sur les ressources pour le droit à l’éducation, mais que la communauté internationale doit les soutenir pour ce faire. Certaines Constitutions nationales garantissent des allocations minimales pour les droits économiques, sociaux et culturels et « les Constitutions, du Brésil, du Costa Rica et des Philippines par exemple, ont été invoquées pour contester les allocations budgétaires destinées à l’éducation devant les tribunaux par le biais de procédures d’intérêt public et par des actions directes dans la rue exigeant le respect des obligations constitutionnelles. »

Aux obligations des gouvernements fixées par le Pacte s’ajoutent deux autres points de référence à considérer. Le premier est un rapport de l'UNESCO de 1996, L’éducation : Un trésor est caché dedans (J. Delors) qui suggère un investissement d’au moins 6 % du PNB dans l'éducation. Ce chiffre est aujourd’hui largement utilisé comme point de référence pour les niveaux minimums d’investissement dans l’éducation. Le second point est la recommandation de l’Initiative Fast Track qui conseille aux pays de consacrer 20 % de leur budget national à l’éducation.

Cette législation et ces recommandations peuvent être utilisées comme bases pour une campagne en faveur d'un financement approprié de l'éducation permettant à tous les citoyens d’un pays de bénéficier de leur droit à l’éducation. Lorsque cette législation existe au plan national, il convient de s’assurer, au moment d’analyser les budgets, qu’elle est effectivement respectée et mise en œuvre. Il ne faut pas cependant négliger aussi de considérer le montant des ressources disponibles et les contraintes auxquelles le gouvernement est confronté. Il convient aussi d’identifier les cibles à viser pour obtenir des dépenses appropriées pour le secteur de l’éducation publique : l’opinion publique, le gouvernement local ou national ou des acteurs internationaux du développement.

Pages à consulter :

Comprendre les budgets

Agir au niveau local

Lien entre le travail à l’échelon national et local

Agir au niveau national

Comprendre les contraintes internationales pesant sur le budget national